Le livret

Ce livret, écrit en 2005 par un jeune père de famille, a été distribué à un millier de jeunes lors d’une grande veillée sur l’amour organisée pour les jeunes dans la Cathédrale St Louis de Versailles.
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Avant-propos: « Le baiser » de Rodin
http://www.musee-rodin.fr/fr/collections/sculptures/le-baiser

Ce chef d’œuvre de Rodin est comme un condensé de ce que voudrait transmettre ce petit livret.
En premier lieu parce qu’il éveille le désir de l’amour, et que ce n’est pas de morale dont manque le plus notre temps, mais bien
de désir - désir de vivre l’amour en grand, dans toutes ses dimensions.
Et seul un grand désir peut donner de vivre l’exigence chrétienne de la jeunesse non pas comme une contrainte mais comme une promesse qui avec certitude construit le bonheur de l’homme.
Ensuite parce que le geste et la nudité de ce couple expriment de façon évidente que le baiser est bien entendu prémisse – et donc promesse – d’un don total.
Qu’il est donc difficile de l’échanger en vérité s’il n’est pas l’expression d’un désir partagé de mariage !
Il est l’illustration la plus convaincante de cet « ajustement du corps au cœur », proposé par JP II :

Que votre corps soit au service de votre moi profond!
Que vos gestes, vos regards, soient toujours le reflet de votre âme!

Il suffit d’ « écouter » un peu son corps - et n’est ce pas là une proposition toujours à la mode?- pour savoir ou deviner ce qu’engendre l’échange amoureux du baiser : un mouvement, une transformation au sein même du corps de l’homme et de la femme qui appelle à aller jusqu’au bout.
Le baiser fait dire au corps « je désire tout» : il n’est donc vrai et « ajusté » au cœur que si le cœur aussi peut dire « je suis prêt à t’aimer tout entier, à tout te donner pour toujours et jusqu’à ton dernier jour».
De la même manière il pourrait illustrer aussi bien le propos de Benoît XVI dans sa 1ere encyclique:

L’éros est comme enraciné dans la nature même de l’homme…selon une orientation qui a son origine dans la création il renvoie l’homme au mariage, à un lien caractérisé par l’unicité et le définitif

Ce n’est donc pas uniquement la «sincérité» des sentiments qui peut légitimer l’échange d’un premiers mouvements d’éros comme le baiser, mais bien le désir réciproque d'aller vers un don unique et définitif - le mariage- avec cette personne.
Je voudrais enfin ajouter qu’il n’y a dans ce livret aucun jugement des couples, qui pour mille raisons, prirent d’autres traverses, moins directes et plus tourmentées.
Nul n’est exclu de ce « chemin pour un grand amour », qui toujours peut être découvert ou rejoint.
Qu’on ait 15 ans et tout l’avenir devant, 35 et quelques valises derrière, des années de mariage ou de célibat, le «chemin pour un grand amour» est toujours l’histoire d’une conversion. 
Je crois passionnément qu’il faut souhaiter aux plus jeunes d’entre nous de le comprendre au plus tôt avant même de connaître leur conjoint- et c’est toute l’ambition de ce livret.
Mais il n’y a pas de limite d’âge pour cette conversion au grand amour, même après 20 ans de mariage.
Si l’on est marié aujourd’hui, quels que soient les chemins du passé, les doutes et les difficultés du présent, avec la plus grande certitude, c’est maintenant la « grande aventure, le grand amour de la vie » auquel on est appelé.
Que chaque mari, chaque épouse puisse être ainsi parfois ressaisi intérieurement et bouleversé comme par une révélation nouvelle- ce qui me fut donné de vivre à nouveau en écrivant ces pages: « ma vocation, ma mission, mon grand amour… c’est ma femme, c’est mon mari ! »
Si vous rêvez de vivre un Grand Amour, n’allez pas chercher le dernier Arlequin dans la série « frisson » mais ouvrez plutôt votre Bible, farfouillez un peu dans l’Ancien Testament, et arrêtez-vous sur le Cantique des cantiques.
Vous y puiserez la certitude que Dieu est la Personne la plus romantique que vous puissiez rencontrer et que le « Grand Amour » est vraiment Son affaire, dans toutes ses dimensions.
Lisez bien tout... Et laissez vous séduire

Qu’il me baise des baisers de sa bouche, tes amours sont plus délicieuses que le vin
Tes lèvres distillent le miel vierge, le miel et le lait sont sous ta langue
Que tu es belle, ma bien-aimée, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes.
Que tu es beau mon bien-aimé, combien délicieux ! Notre lit n’est que verdure.

Après cela il vous faudra une sacré dose de ringardise pour continuer à penser du Christianisme qu’il est «coincé » et ringard.

Vouloir vivre un grand amour, ce n’est pas se faire la main et le cœur sur quelques «amours» temporaires, en s’imaginant qu’ainsi on «s’entraîne» à l’amour sans blesser l’amour.
Ce n’est pas multiplier les «relations» amoureuses en espérant augmenter ses chances de tomber un jour sur le bon numéro.
Ce n’est pas non plus surfer sur un fantasme ni se bercer dans l’illusion d’un beau rêve d’enfant inaccessible.
Au contraire, c’est orienter concrètement sa vie et son comportement dès aujourd’hui en fonction d’une personne- un trésor!- que l’on ne connaît pas encore, pour pouvoir un jour, tout lui donner pour toujours: la fidélité est hors du temps !

Aimer et être amoureux
Une des clés dans l’apprentissage de l’amour c’est de savoir faire la distinction entre le sentiment amoureux et l’amour…et on peut le faire en écoutant les mots:
« Etre amoureux » c’est un état, un sentiment alors qu’«Aimer» c’est une action, un mouvement, c’est passer d’un état… à un autre état !

« Etre amoureux » c’est un état

« Je suis » amoureux… le plus souvent, au minimum, c’est très agréable !
Mais c’est aussi versatile, et on peut tomber plus ou moins amoureux de nombreuses fois.
Ce peut être plus ou moins superficiel, plus ou moins profond, on peut entretenir le sentiment - à tort ou à raison, le nourrir ou le laisser mourir - à tort ou à raison.
Ce n’est pas engageant d’être amoureux. C’est pour cela d’ailleurs que la plupart du temps, ce sentiment n’a vocation à être dévoilé…que s’il est possible d’annoncer simultanément son désir de s’engager et d’aimer la personne pour toute sa vie.
Même les crapules et les traîtres peuvent être amoureux. Ce n’est pas non plus nécessairement le signe de l’amour ; on peut être amoureux sans aimer : je peux jouir égoïstement du sentiment, me servir de l’autre comme d’un pourvoyeur de frissons ou même d’affection sans être aucunement prêt au sacrifice de quoi que ce soit pour lui.
Et ce peut même éventuellement être en contradiction avec l’amour lui même, si par exemple je laisse naître et entretiens ce sentiment envers une autre personne que ma femme.
Mais être amoureux en désirant l’engagement à l’amour pour toujours, être amoureux de sa fiancée, ou de celle dont je désire qu’elle puisse le devenir, alors, là, bien sûr, c’est extraordinaire, et même très nécessaire, un cadeau merveilleux, un feu, un élan, un tremplin éblouissant qui vous projette en avant et donne même l’impression qu’il est facile d’aimer!

« Aimer » c’est un mouvement, une action

C’est choisir de passer d’un état à un autre état, pour le bien véritable et le bonheur de l’autre!
Lorsque je me suis disputé avec ma femme, je ne me sens pas vraiment amoureux, et même franchement pas du tout !
C’est à dire que je ne ressens pas d’abord d’élan naturel envers elle… et pourtant il va y avoir là une occasion extrêmement concrète d’aimer : en passant d’un état (de rancune, de vexation, de colère…) à un autre état (d’humilité, d’accueil, d’écoute) par un geste de pardon, posé ou accueilli, de reconnaissance de mes torts, de réparation,… ce mouvement mis en œuvre et décidé du fond du cœur, c’est l’amour et même une preuve de mon amour.
Et cette succession d’actions, de preuves, de gestes, de pardons, de dons, de décisions, de sacrifices parfois, de désir de mieux aimer, va faire grandir l’amour…comme une plante arrosée, et même souvent nourrir le sentiment lui-même, l’approfondir encore, le faire descendre de la sensibilité, versatile par nature, vers un lieu plus profond, plus sûr, plus humain encore.
Et il faut même accueillir paisiblement ce fait que le sentiment amoureux puisse peut-être parfois, dans des temps d’épreuves ou de combats, quitter douloureusement le domaine du sensible. Il y a des jeunes couples qui ne se marient pas, ou tâtonnent indéfiniment, parce qu’inconsciemment leur vision et leur expérience de l’amour sont tellement exclusivement liées au sentiment, et à ses effets sensibles, qu’au fond ils croient que s’engager dans le mariage c’est s’engager en premier lieu à «ressentir », et à ressentir de la même manière pour toujours ce qu’ils ressentent aujourd’hui, ou ont ressenti à l’origine de leur amour. Ils croient confusément que c’est s’engager sur un état (être amoureux) dont ils ne se sentent pas vraiment maîtres, et qui, de surcroît, devra affronter les aléas de la vie, et non pas s’engager en premier lieu sur un mouvement (aimer), qui lui se choisit librement. …
Quelle angoisse paralysante de croire que l’engagement porte avant tout sur un sentiment!
Alors, première bonne nouvelle !

Dans l’engagement du mariage, l’échange des consentements ce n’est pas m’engager d’abord «à me ressentir 100% amoureux transis tremblant à chaque instant tout le long de ta vie qui peut durer jusque 100 ans sans aucune dent»!…mais c’est celui «de t’aimer…fidèlement tout au long de notre vie »…
Autrement dit dans le mariage, l’engagement et la vocation de l’homme c’est d’aimer sa femme, l’engagement et la vocation de la femme, c’est d’aimer son mari : c’est un programme de vie, une tâche à accomplir, une tâche magnifique et sacrée - un sacré job! (La promotion du siècle = promouvoir l’amour !)
Seconde bonne nouvelle:
C’est qu’en choisissant d’aimer ainsi, on emprunte le chemin le plus certain du bonheur… parce qu’alors on choisit chaque jour de faire «pour qui on est fait » (ma femme, mon mari), «ce pour quoi on est fait» (aimer), «avec l’aide de Celui qui nous à faits» (Dieu Lui-même) : le tiercé gagnant du grand amour, fruit de l’Amour, pas du hasard !
L’élan amoureux est toujours une dimension spontanée de l’amour mais il a vocation à jaillir d’une source de plus en plus profonde: ce qui est désiré dans cet élan pour ma femme ou mon mari, c’est de plus en plus aussi son bien à lui, à elle dans ce qu’il a de plus ultime, et qui touche à sa sainteté même! …et parmi les meilleurs exemples de ce qui ne touche pas, mais alors pas du tout à la sainteté dans le mariage, on compte la femme « sainte n’y touche » et le mari «rabat joie».
Le signe de la sainteté qui grandit chez une personne, c’est au contraire un rayonnement plus grand, qui vous attire plus encore à lui, donc… un pourvoyeur d’élan amoureux : après le « tiercé gagnant », voici le « boomerang vertueux » du grand amour !

La vocation, le dessein de Dieu sur chacun

«La question «Que dois-je faire ?» l’homme se la pose pendant sa jeunesse non seulement à lui-même et à ceux dont-il peut attendre une réponse, (…), mais il la pose aussi à Dieu, car il est son Créateur et son Père. (…) Il demande donc à Dieu «Que dois-je faire ? Quel est ton plan sur ma vie, ton plan de Créateur et de Père? Quelle est ta volonté ? Je désire l’accomplir» 
Lettre apostolique de JP II aux jeunes du monde pour l’année de la Jeunesse (1985)

Dieu se passionne amoureusement, concrètement et efficacement pour notre vie, et tout ce qui la remplit, pour notre vie présente et pour notre avenir.
Il a un projet, un dessein sur chacun. 
Non pas un projet général, lancé à la cantonade du genre « je veux voir qu’une seule tête » ou «Demandez le programme ! On vous tend l’Evangile et débrouillez-vous avec, chacun fait- fait- fait , c’qui lui plaît - plaît - plaît! »
Ni un projet plaqué, imposé et indépendant de ce que nous sommes en profondeur! Mais un projet personnel, un projet d’amour, de désir et de liberté.
Lorsque que l’on est jeune et que l’on accueille cette vérité inouïe que Dieu veut bâtir un projet de vie pour nous et avec nous, alors tout est transformé: Comment regarder l’avenir sans Lui ? Découvrir et partager ce désir qui jaillit du cœur de Dieu pour moi ! Et comment rêver à cet amour humain, cet amour entier entre un homme et une femme, rêver à celui ou celle que nos cœurs et nos corps cherchent, désirent, espèrent sans vouloir confier tous ses désirs à Dieu ?

"A l’horizon qui s’ouvre pour un cœur de jeune, s’ébauche une expérience nouvelle : l’expérience de l’amour qui dès son origine (…) doit s’inscrire dans le projet de toute la vie. …
Quand Jésus vous dit « Suis-moi », son appel peut signifier « je t’appelle à un autre amour encore » (c’est à dire à devenir mon Prêtre ou ma Religieuse bien-aimé(e), ou toute autre vocation consacrée dans Mon amour), cependant très souvent il signifie … « viens, deviens toi aussi l’époux de ton épouse, l’épouse de ton époux ».
Je voudrais que vous vous convainquiez que cette grande réalité ne prend sa dimension définitive qu’en Dieu !" 
Lettre apostolique de JP II aux jeunes du monde pour l’année de la Jeunesse (1985)

Oui, si je dois un jour me marier, il est juste de croire que dans son Amour, et sans idée de « prédestination » mal comprise, Dieu connaît déjà la personne que je choisirai moi-même librement pour la vie, avant que je ne la connaisse.
Il est juste de croire que je suis appelé à aimer cette personne la, de la désirer, de l’espérer, peut- être même de me tromper (un amour déclaré que l’on découvre non réciproque, ou des fiançailles rompues), enfin de la trouver et de la recevoir comme une vocation.
Il est juste de demander à Dieu la grâce de choisir activement sa vie, tout en étant «docile» à son Esprit Saint: Pour qu’il puisse me conduire aux lieux où Dieu m’attend, à découvrir et choisir ma vocation, à rencontrer les personnes qu’Il voudrait mettre sur mon chemin, y compris celui ou celle que mon cœur espère.
Alors il est juste de prier pour découvrir sa vocation, de prier pour son futur mari, pour sa future femme :

Et si je devais répondre à un autre appel encore – de Tout te donner ! - ou finalement ne pouvoir me marier malgré tout mon désir - garde m’en Seigneur! -, ou être rappelé au ciel trop tôt- protège moi Seigneur !-alors que ma prière aille sur une personne que Toi seul connaît. Choisis la Seigneur parmi : un prêtre, une religieuse, ou une personne délaissée, une personne touchée par le handicap - Un de ceux qui renoncent volontairement pour le Royaume, ou de ceux qui sont privés d'amour par pauvreté, pour qu'en eux aussi le Royaume soit manifesté.

Le Grand Amour de demain est une personne vivante aujourd'hui

En priant, même très jeune, pour sa vocation, pour sa future femme ou son futur mari, non seulement on dit toute sa confiance au Seigneur, mais on éduque son cœur et sa sensibilité à établir un lien intime et systématique entre le désir de l'amour et le mariage pour la vie. 
On prend conscience que cet amour implique un autre que soit, qui existe réellement, une responsabilité et non pas seulement un fantasme... qu'avant même d'être un sentiment, l'amour implique une personne à aimer. 
Savoir que si je marche librement vers le mariage, alors je marche aussi de fait librement vers une personne vivante aujourd'hui, et, si je suis croyant, que Dieu lui-même la voit, l'aime et la regarde, comme il me voit, m'aime et me regarde... donc que Dieu nous voit, nous aime et nous regarde! 
Et il n'est pas nécessaire de penser que tout est «écrit d'avance», ni de s'imaginer qu'une seule et unique personne au monde soit à même de me «compléter» comme l'autre moitié d'une pomme coupée en deux : il n'est même pas besoin de croire en Dieu pour être certain que si je dois un jour me marier, la personne que j'épouserai est déjà vivante quelque part dès que je suis dans l'âge de l'adolescence. 
Une forme de fidélité est donc nécessaire au respect même de cette personne que je ne connais pas encore! 
Ce n'est sans doute pas le dernier tube à la mode, mais vous connaissez peut-être ces paroles de Georges Brassens:
"Jamais de la vie on ne l'oubliera la première fille qu'on a prise dans ses bras"
Qui dira qu'il a tort ?... certainement pas Ste Thérèse de Lisieux qui nous apprend qu' «Aimer, c'est tout donner et se donner soi-même ».
Vouloir se préparer à aimer d'un grand amour c'est alors aussi espérer tout donner à l'homme ou à la femme que l'on choisira pour la vie. 
C'est donc aussi choisir d'emprunter ou de retrouver un chemin exigeant mais enthousiasmant, qui cherche justement à tout garder pour lui, pour elle, pour nous, et comme autant de trésors à offrir tous les mots d'amour enfouis, les plus simples comme les plus inouïs -ces mots qui brûlent et ne sont justes qu'en tremblant- et tout ce que nos corps abritent:
http://www.musee-rodin.fr/fr/collections/sculptures/le-baiser


et ma main, et ta main,... mon amour,
et mes lèvres, et tes lèvres,... mon amour,
et mon souffle et ton souffle... mon amour... 
nos deux souffles, en un souffle, le même souffle,... un seul souffle... Mon amour!

Oui, le Grand Amour de demain est une personne vivante aujourd'hui!
Quelle aide précieuse que cette prise de conscience quand on choisit pendant toute sa jeunesse de dire « non » aux petites aventures pour pouvoir plus tard se fiancer et se marier dans le grand amour!  Si c'est cette personne-là que je désire, ce grand amour unique pour la vie que j'espère, comment pourrais-je accepter de « sortir » avec une fille , avec un garçon, vivre des «relations» amoureuses - même « sincères »- en faisant comme si elle n'existait pas ?
Comment pourrais-je seulement déclarer mon amour à une personne si je ne suis pas prêt à m'engager à l'amour pour toute la vie avec elle ? 
Comment pourrais-je entretenir des paroles d'amour et des gestes qui veulent dire « Je t'aime », si je ne crois pas, avec assurance, qu'il s'agit bien de cette personne-là, donc que c'est elle que je désire épouser, que c'est réciproque et réaliste, en bref que nous sommes « fiancés »- c'est à dire prêts à nous engager pour toute la vie dans le mariage? 
Alors refuser ces « petites amours multiples »... Oui il s'agit bien ici d'une véritable fidélité et donc d'une anticipation de l'amour: fidélité à ma vocation, au dessein d'amour de Dieu sur moi... à ce grand amour, à celui ou celle que j'espère sans le connaître encore. 
Bien sûr, c'est une fidélité qui ne repose pas encore sur l'engagement du mariage, mais elle en exprime déjà une part, déploie finalement les même ressorts de mon être, physiques, psychologiques et spirituels... elle puise à la même source : elle est un tremplin pour le Grand Amour que je désire, un entraînement formidable à la fidélité indéfectible du lien indissoluble !


Questions d'Amour


Est-ce que cette « fidélité avant le mariage » est compatible avec le fait de vivre quelques petites aventures, de « sortir » avec un copain ou une copine?

Si on pense à ce qu'est vraiment la fidélité, on voit bien honnêtement que ça pose un problème! Imaginez qu'on vous donne une camera d'un genre carrément nouveau qui permet de découvrir et de voir en direct la personne que vous épouserez un jour!... pas de pot, à peine avez-vous jeté un coup d'œil dans le viseur que vous l'apercevez se promener amoureusement main dans la main avec une autre, vous l'entendez lui dire des mots d'amour, et la camera impitoyable n'arrête même pas de filmer s'ils commencent à s'embrasser...
Quelle serait votre réaction ?
...une minute pour réfléchir...
ne trichez pas : dans la réalité, la camera n'existe pas mais si vous vous mariez, la personne que vous épouserez, elle, oui! 
...Voilà sans doute quelque chose à lui pardonner, et le pardon c'est vraiment un acte d'amour ¼mais vous sentez bien que, dans un cas pareil, ce qui serait le plus juste, c'est que le jour ou vous rencontrerez votre futur conjoint il ou elle puisse vous dire: "Mais avec cette fille, ce garçon, j'étais prêt à m'engager pour toute la vie dans le mariage, nous étions fiancés : je croyais fermement que c'était toi" . En d'autres termes « Je me suis trompé -et ça fait très mal- mais je ne t'ai pas trompé » 
On a donc droit à l'erreur bien sûr, mais on voit bien qu'une petite «aventure» amoureuse, une « relation », aussi « sincère » soit-elle, qui n'est pas vécue comme une étape très claire, réciproque et engageante vers le mariage, est nécessairement une aventure qu'on vole au futur conjoint: des mots, des gestes, une découverte, une intimité qui lui étaient réservés! 
Etre fidèle, c'est pas simplement ne pas coucher ensemble! 
...à moins que vous pensiez que dans le mariage aussi on peut « sortir » avec quelqu'un d'autre tant que ça ne va pas trop loin: votre couple aurait à peu près la même chance de survie que celle d'une personne qui voudrait traverser une autoroute à pied un jour de grand trafic...
Bonjour les dégâts ! 

Qu'est ce qu'on peut entendre par « flirt » ?

Flirter, sortir ensemble, avoir un copain, ou un petit copain, une amie, une petite amie, un amoureux, «être avec», «vivre une relation», «gentille» ou plus «poussée». 
Autant d'expressions, autant de flous, qui disent sans dire et pourraient bien dire autre chose...on pourrait passer des heures à en lister les nuances dans la sincérité, les motivations et les formes. 
Mais il suffit de reconnaître un point commun à toutes ces relations -et c'est ce que par commodité nous appellerons « flirt »: quelque soit le degré d'intimité établi, il s'agit d'une relation exclusive entre un garçon et une fille où s'exprime une forme d'intimité amoureuse (gestes, mots - ex: se dire qu'on s'aime, se donner la main, s'embrasser) qui n'est pas fondée sur un désir ferme, engageant, réaliste et réciproque de l'engagement à l'amour pour toujours dans le mariage. 
Le flirt c'est ultra banal et même assez tentant pour qui veut tout essayer aujourd'hui sans penser à demain, et on le crois souvent anodin... et pourtant c'est « l'ennemi n°1 » du Grand Amour ! 

Néanmoins certains pensent que le flirt, quelques aventures sincères, c'est un moyen d'apprentissage de l'amour ?

Le premier problème c'est que l'amour n'est pas un jeu vidéo, ça implique une autre personne, une personne sacrée, une personne qui a droit à être aimée pour elle-même, à ne pas se faire « voler » pour une idylle temporaire ce qu'elle pourrait garder pour l'amour de sa vie : une personne, ce n'est pas un terrain d'entraînement, ni une piste d'essai. 
Et dans la réalité à travers ces « aventures » même très « sincères », même si on ne va pas « trop loin », on s'entraîne surtout à ne pas savoir aimer, parce qu'on tombe en plein dans le piège de confondre «aimer» et «être amoureux ».
On s'habitue à s'engager dans l'amour uniquement en fonction de ce qu'on ressent, même « sincèrement », à appeler ça de l'amour alors que l'on n'a pas choisi la personne en fonction de la perspective de s'engager toute la vie avec elle ...et si on ne ressent plus rien ou plus assez, on arrête... sous le même prétexte de « sincérité ». 
On s'habitue à justifier une rupture de la relation amoureuse sur un aléa sentimental, par une démission de l'amour : le « sentiment » devient une sorte de dictateur tout puissant, c'est lui qui décide à notre place, on ne croit plus à la liberté de choisir d'aimer... 
Donc on s'entraîne surtout à ne pas surmonter les difficultés, à ne pas pardonner vraiment, et à laisser tomber l'autre au bout d'un, deux ou trois problèmes, ou par lassitude. 
On s'entraîne aussi - le plus souvent inconsciemment - à utiliser l'autre, à le « consommer » un peu, à s'en servir pour son épanouissement personnel, en ne s'inquiétant pas de ce qu'on est peut - être ensemble que pour un temps limité. 
On s'habitue à mettre l'amour au conditionnel (« on est ensemble tant que, pour autant que... ») alors que l'amour consiste à vouloir se donner pour toujours en recherchant le bien de l'autre avant le sien.
On s'habitue aussi à «changer» de partenaire...
Il ne s'agit pas bien évidemment de nier l'importance des sentiments dans le choix amoureux pour toute la vie, mais de reconnaître que dans cette culture du « sortir ensemble », au rythme des flirts, on façonne sa sensibilité, ses réflexes, son appréciation de l'amour d'une telle manière qu'on est abîmé dans sa capacité à aimer, et fragilisé dans son aptitude à vivre la fidélité... c'est un peu ennuyeux d'appeler cela un « entraînement » en vue de l'aventure du mariage où l'on s'engagera pour toute la vie ! 
Au contraire, en ayant « le courage de n'avoir aucun « ragazzo » - petit copain en Italien- avant ses fiançailles » selon les mots de Claire de Castelbajac, on construit par avance les piliers sur lesquels se fondera le mariage de demain: 
en se gardant pour un (e) seul(e), on acquiert le sens de l'Unicité; en étant fidèle par anticipation à son futur conjoint, on apprend la Fidélité,  et dans tout se temps libéré pour les autres, à travers de grandes et vraies amitiés, on apprend qu'il n'y a pas de relations vraies sans Fécondité.

Est-ce qu'on n'est pas obligé d'abord de «sortir» avec la personne pour savoir si on a envie de s'engager dans les fiançailles et le mariage avec elle?

On pense qu'en « essayant» une relation amoureuse avec une personne on augmente ses chances de la connaître en profondeur. Et c'est un autre piège. 
La voie royale pour connaître l'autre c'est une forme d'amitié profonde et privilégiée, c'est elle qui donne le meilleur champ de vision. 
Si on « sort » ensemble, qu'on entretient des gestes amoureux, il y a quelque chose qui est engagé, qui nous « ligote » même parfois, alors qu'on n'avait rien décidé. 
Cela crée un lien qui rend moins libre, on n'arrive pas à prendre de la distance pour mieux discerner l'autre. 
S'embrasser, se comporter comme un couple alors qu'on n'est pas prêts à devenir un couple pour toute la vie, ça ne fait que produire la confusion. 
Les gestes ne sont pas un élément de connaissance de l'autre: c'est une expression, un langage merveilleux pour dire l'amour et jouir de ses fruits, quand on est certain que l'amour est bien là, donc qu'on est prêt à s'engager pour toute la vie. 
L'essai fait obstacle au mûrissement de la décision puisqu'on est déjà «installé» dans une jouissance de la relation: on ressent moins la nécessité de mobiliser tout son être, son cœur, son intelligence, sa responsabilité pour pouvoir se décider et accéder à la relation; et on en est moins capable parce que la fusion aveugle. 
Or, y voir clair c'est tout de même assez utile quand il s'agit de prendre une décision qui engage toute la vie ¼! Ainsi plus on s'essaye, moins on a besoin de se choisir, moins on est capable de discerner avec justesse, plus on a de mal à se décider et à prendre la bonne décision.
Et si de plus la relation est « publique », qu'on l'expose à ceux qui nous entourent (« On sort ensemble », «Ils sortent ensembles ») alors se met en place, à cause du regard des autres et de leurs commentaires, un lien supplémentaire extrêmement puissant qui peut nous enchaîner, fausser la donne, et bien souvent interférer dans le processus de décision. 
On se prive pour une large part du bien le plus fondamental pour confirmer le choix dans l'amour : la liberté. 
Garder le secret vis-à-vis des autres dans la naissance d'un amour, jusqu'au jour où on peut le montrer parce qu'on est décidé à s'engager pour toute la vie, c'est à la fois un trésor pour faire grandir l'intimité entre nous, un test pour vérifier qu'on n'a pas besoin du regard des autres pour se rassurer, et une condition pour être vraiment libres. 
Rechercher le secret ce n'est pas une tradition ringarde pour coincés pudibonds... c'est un enjeu monumental du grand amour : le choix de l'autre ne peut se confirmer que dans la plus grande liberté ! 

Pourquoi ne pas voir le flirt sincère comme une aventure positive pouvant éventuellement conduire au mariage?

C'est un peu l'idée du « et plus si affinité » que l'on voit souvent en conclusion des annonces « coté cœur »...
Mais le problème à nouveau de toutes ces « relations » ou flirts les plus sincères c'est qu'ils s'inscrivent, même inconsciemment, dans une logique d'essai de la relation amoureuse : le couple attend de la relation elle-même, et en particulier de sa durée, de son déroulement, de ses bienfaits, de l'intensité de ses jouissances -ou du poids de ses difficultés -de décider à sa place de la suite à donner. 
Il aura même l'impression, grâce à l'essai, d'avoir été « sauvé » de l'erreur sur le choix de la personne à chaque relation qui s'achève en rupture ... alors que l'erreur est au contraire de s'être lancé dans une histoire d'amour sans avoir chercher à l'inscrire "DES SON ORIGINE dans le projet de TOUTE la vie », comme nous y invite JP II. 
Dès lors que l'on aura été façonné toute sa jeunesse dans une culture du « sortir ensemble », sur le mode inconscient de l'essai par le flirt, comment s'étonner alors qu'a l'heure des choix définitifs, surgisse violemment le sentiment de devoir essayer plus complètement encore en 
vue du mariage qui engagera toute sa vie?
On aura la conviction que c'est le seul moyen sérieux de juger d'une personne puisque toutes les relations qu'on a vécues, même si elles étaient « gentilles », « limités», et « sincères » étaient dans cette logique. 
Le flirt est donc l'antichambre naturelle du concubinage et du mariage à l'essai. 
L' « essai » de la relation peut effectivement se « terminer » par un mariage, mais ses bases en seront plus fragiles …
en fait, comme dans les flirts qui se sont succédés, il y a un risque qu'on ait pas vraiment choisi l'autre, mais plutôt un niveau de satisfaction produit par la relation que l'on estimait suffisant. 

Si un amour s'est déclaré et qu'il s'avère que l'un, l'autre, peut être même parfois les deux ne parviennent pas encore pleinement à se décider définitivement pour l'autre, comment vivre cette période d'hésitation en vérité, dans l'esprit du « Grand Amour »?


Trois attitudes vont authentifier la vérité de ce qui est vécu : une tension très forte et partagée pour parvenir à se décider, une très grande retenue dans les gestes d'affection que l'on échange - on n'est pas encore fiancé - et le souci de bâtir un espace de grande discrétion vis-à-vis des autres pour garder la plus grande liberté et les conditions paisibles du discernement.
On pourra alors parler de « pré-fiançailles » car tout est explicitement orienté et justifié dans l'unique perspective du mariage : la relation est toute entière « tendue » vers la prise de décision, et si elle est vécue en vérité, cette période est même douloureuse -un peu comme un enfantement- parce que le cœur « n'a pas de repos », il ne peut pas se réjouir pleinement de la relation n'y si « installer » d'aucune manière tant qu'il n'est pas parvenu à se décider définitivement... tout le contraire du « flirt tranquille».

Mais refuser de vivre quelques «amours temporaires » n'est-ce pas se livrer au jugement des autres et donner l'image de quelqu'un de « coincé » incapable «d'amour »? 

C'est vrai qu'une telle exigence à contre courant n'est pas toujours facile, mais être porteur d'une telle espérance- une vocation, un grand amour- suscite d'abord le respect parce qu'elle est visible concrètement dans vos actes, vos choix, votre comportement: effectivement vous n'avez pas de  « petit(e) » amie(e), en revanche vous avez quelques « grands » amis- garçons et filles- qui vous font grandir , de ceux qu'on garde pour la vie... vous ne « sortez » pas avec une fille, vous ne « sortez » pas avec un garçon... mais en en même temps on voit bien combien vous les aimez, que ce n'est par mépris ni absence de désirs, au contraire ! 
Vous êtes habité d'un grand désir, celui de vous préparer à vivre, quand il sera temps, quelque chose de grand, de vrai et de solide, et vous voulez partager cette espérance avec ceux qui vous entourent. 
Et bien cela vous rend au contraire plus beau, plus lumineux, plus disponible... et encore plus attirant! 
Un garçon bien dans sa peau, qui porte en lui cette aspiration au grand amour pour la vie, refuse pour cela d'entrer dans les jeux des petites aventures, et cherche à maîtriser son corps, voilà un terrain sûr... et avec ne serait-ce qu'un soupçon de droiture dans le cœur, une fille ne s'y trompera pas! 
C'est comme une fille bien dans sa peau, qui ne craint pas d'être jolie mais porte le même désir brûlant d'un véritable amour, aspire à se garder entière pour lui, et donc refuse de distribuer quelques petits morceaux d'elle même, par ci par là. 
Elle en est 100 fois plus belle et attirante... Parce que cette exigence de réserve est pleine de promesses, et de secrets gardés pour le grand amour de demain! 
Que le garçon sent bien alors qu'une femme est un mystère plus grand que tout ce qu'on peut voir, que c'est cela qui l'attire, et non pas le séduit, qu'on ne « prend » pas une telle fille, et qu'on ne l'essaye pas non plus : qu'on la découvre comme un trésor, que c'est elle qui se donne pour toujours. 
L'expérience confirme magnifiquement ces propos du psalmiste, "Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard."- Ps 18(19) - qu'une fille, un garçon, qui vivent de cette droiture, dans l'amour du Seigneur, ça se lit dans les yeux, parce qu'on y voit la lumière!

Et c'est certain, ce chemin pour un grand amour unique, ce chemin où l'on décide d'être fidèle à sa vocation, d'être fidèle à son amour avant de le connaître, ce n'est pas une petite cerise romantique pour faire joli sur un gâteau moralo - catho. 
C'est un chemin efficace, profondément. 
Il façonne un cœur grand et solide, capable de surmonter les épreuves. 
Il fait mûrir et croître dans la largeur, la profondeur et la hauteur. 
Il apprend la confiance en Dieu, et il donne confiance en soi. 
Il donne un sens et une pratique profonde de l'amitié. Il rend incroyablement libre. 
Et bien plus capable de vivre un jour à fond le grand choix de l'engagement pour toute la vie dans l'amour: clé du bonheur. 
L'emprunter, c'est creuser aujourd'hui 100 coudées de plus dans les fondations de sa vie, de son mariage, de sa vocation de demain.

Refuser le flirt est moins radical que de s'engager à vie dans le mariage. 
Adhérer à cette ébauche de radicalité, c'est s'entraîner à la plus grande. 

Les temps du Grand Amour

Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel


Un temps pour lancer des pierres, Un temps pour planter,
Un temps pour bâtir, Un temps pour danser,
Un temps pour chercher, Un temps pour s'abstenir d'embrassement,
Un temps pour pleurer, Un temps pour gémir,
Un temps pour se taire, Un temps pour parler, 
Un temps pour la Paix, Un temps pour embrasser,
Un temps pour aimer, Un temps pour mourir...

 l'Ecclésiaste, (encore la Bible !) 

Un temps pour lancer des pierres

Comme on joue à la marelle, ou à faire des ricochets sur l'eau, le temps des jeux de l'enfance, de la fraîcheur, et de l'innocence. 
Pas des simulacres amoureux plaqués par les adultes, des images ravageuses ou des problématiques adolescentes.

Un temps pour planter

...Pour planter dès l'enfance, tâche première des parents, éducateurs, tous ceux qui se donnent pour que grandisse un homme («et Dieu que c'est long ! »): 
Une échelle des valeurs, pour avancer ou plutôt pour monter, et pouvoir faire des choix : plusieurs échelons, mais si l'on est baptisé, toujours Dieu en premier ; vraiment, pas que des mots, pas du pipeau, pas d'abord parce qu'on L'aurait choisi comme sur un étalage en faisant son marché, mais parce qu'Il nous a choisis en premier, parce que c'est certain, l'amour, y compris le «grand amour », Il en est la source et le chemin.
... La Foi, toujours plus profond, plus profond
... L'apprentissage de la maîtrise de soi, «ordonnée au don de soi » qui n'en finit jamais mais commence au plus tôt,
... Dès l'enfance, la conscience que Dieu a pour ma vie un projet d'amour, chemin de Bonheur, ajusté à ce que je suis, une vocation à découvrir et à choisir ; et ce lien de désir, spontané, fort, «évident», incontournable, entre amour, fiançailles et mariage.
... Dès la première adolescence le désir d'un grand amour unique pour la vie- pas des frissons temporaires au rabais-
... Une ou deux grandes amitiés, où l'essentiel de l'échelle des valeurs est partagé, si précieuses pour avancer ensemble au grand large, sans être « seul de son espèce »

Un temps pour bâtir

Bâtir les fondations sur le roc: sa personnalité, sa « colonne vertébrale », son identité, ses études, son travail, sa foi d'adulte, sa générosité, son enthousiasme¼sa capacité au don, toute cette mise de fond que l'on pourra un jour offrir, ... à son grand amour, ou à Dieu lui même, par amour, pour l'amour ! 

Un temps pour danser

Une vraie mixité, découvrir l'alter ego dans des amitiés plurielles- pas le copinage; joyeuses et libres; pour se faire grandir- et non tourner en rond ; des amitiés faites de rires et de fêtes- mais aussi de projets ; non seulement «refaire » le monde- mais le construire ensemble, rejoindre ou constituer des groupes (de vrais célibataires) où l'on se ressource parce que l'Essentiel y est partagé. 
Et pas des bandes (de petits couples) sans vrai fondement, sans grand désir, où l'on échoue ses égarements... et toujours repartir à l'aventure, ouverts, à l'assaut du monde pour témoigner, le féconder... et non s'y enliser...

Un temps pour chercher

... la volonté de Dieu pour moi, et Dieu lui-même, toujours et en tout temps, en toutes choses aussi, vrai chemin du Bonheur,
... chercher ma vocation, le projet merveilleux d'amour que Dieu veut bâtir avec moi, ... et même - pourquoi pas ?- en prenant un jour du temps pour ça, rien que pour ça : partir au désert, temps de retraite, de pèlerinage, pour Le retrouver, L'interroger, le lui demander à Lui, « parle Seigneur, ton serviteur écoute ! »
... et s'il est temps chercher aussi, celui ou celle que mon cœur attend: ...il est reçu du Ciel mais n'en tombe pas directement..! 
S'investir dans ces terrains fertiles du monde et de l'Eglise où puissent éclore des rencontres, prudent bien sûr, priant toujours,...mais le cœur ouvert, audacieux, sans craindre d'être conquit... ni parfois d'être conquérant. 
Et surtout espérer, ...sans rêvasser ni s'obséder non plus, ni sans cesse y penser, mais d'abord en vivant, et en se donnant...
...et devenir sans cesse moi même... une personne qui aime, qui grandit, qui « est » de plus en plus, parce que « le prix de mon amour, c'est- et ce sera- moi même » (St Augustin). Ce que je donnerai c'est cette personne-là : moi, tout moi, elle est faite pour ça... se donner... quelque soit ma vocation. 

Un temps pour s'abstenir d'embrassement

... et pour s'abstenir de toute ébauche amoureuse qui ne soit motivée par l'unique désir réaliste de se fiancer et de se marier. 
S'abstenir de tous ces gestes - même les plus petits, comme se donner la main - qui font déjà un couple,- on dit parfois un «petit» couple. 
Et ce temps c'est toute son adolescence et toute sa jeunesse, tant qu'on n'est pas fiancé, ou pour déclarer son désir de se fiancer et de s'engager pour la vie 
... parce que tout geste est un aveu qui engage, et par fidélité, pour tout garder pour lui, pour elle, pour nous. 
Et savoir se reprendre, s'il arrivait un jour qu'un premier geste soit échangé spontanément, sous le coup d'une émotion, d'un élan du cœur qu'on aurait laissé déborder, sans qu'on soit prêt à s'engager: très vite, «lever le pied», suspendre le geste, clarifier les intentions profondes, faire la vérité, en demander pardon¼surtout ne pas instaurer une relation qui ne peut confirmer qu'elle est pour l'un et l'autre une route vers le mariage.
... S'abstenir d'embrassement: Temps du désir et de la croissance - et non de la frustration - temps pour plus tard pouvoir «aimer en grand», temps de l'espérance d'une personne que l'on attend sans la connaître: «sacrement de la croissance et de l'attente»

Un temps pour pleurer

Pleurer les larmes de la conversion, du repentir et du Pardon, demandé et reçu, si dans le temps ou pour un temps on a joué, dit des «je t'aime» - ou bien des gestes qui devraient dire pareil- sans qu'on ait décidé «prêt à t'aimer toujours», mais juste en ce moment, pour quelque temps seulement, ou simplement «on verra bien, en attendant profitons en»; qu'on soit «sorti», qu'on ait «flirté », sans aller «bien loin » ou bien beaucoup trop loin, peut-être même jusqu'à tout donner, toute son intimité, celle qu'on ne peut reprendre,...
Pleurer pour ce qu'ainsi on a gâché, abîmé, volé, blessé - au moins un peu, parfois beaucoup, mais jamais pas du tout - si souvent sans le savoir, pour faire comme les autres, que tout nous y poussait, y compris les plus proches, combler un manque d'affection, parce que c'était trop dur et qu'on était trop seul... 
Et surtout, surtout : parce qu'on n'avait pas compris que notre vocation c'était un grand amour , qu'on ne le savait pas, qu'on était aveuglé, que personne ne nous avait dit « venez et voyez : celle que vous cherchez, si vous vous mariez, celle qui sera unique pour toujours, c'est un trésor, une personne vivante, pas une idée, et comme c'est passionnant, fascinant et justice à lui rendre que de prier pour elle, tout garder pour elle et pouvoir déjà commencer à l'aimer en lui étant fidèle».
Demander pardon et être pardonné, et plus encore : par la puissance de Sa miséricorde, recevoir de Dieu, ce que lui seul peut faire, entièrement, profondément, intégralement : « me re-établir dans le chemin pour le grand amour, me restaurer dans ma capacité à aimer, tout me redonner, pour que je puisse à nouveau donner ce que j'avais perdu... en adhérant maintenant de tout mon cœur et de toutes mes forces à cette nouvelle loi d'amour qu'est la fidélité à mon futur amour,... 
Et puis prier aussi, pour ceux ou celles que j'ai blessés, dans les errements de cette vie passée, les petits ou grands trésors que je leur ai volé : qu'à leur tour ils puissent être guéri de ces blessures d'amours faussées, retrouver le chemin du véritable amour. 
«Et maintenant, converti au «grand amour unique pour la vie » je témoignerai, je proclamerai mieux que quiconque qu' il y a « un avant et un après », combien c'était l'ombre et maintenant la lumière, parce que l'ayant vécu, je sais combien ça peut faire mal parfois, de n'aimer qu'à moitié, ou d'avoir fait semblant d'aimer, d'avoir été trompé, et comme c'est fatigant, écoeurant, emprisonnant, sans cesse d' être à l'affût d'un autre et de n'être qu'une proie; et combien c'est libérant, au contraire, quand nous est révélé qu'il y a un temps pour tout, et que tout vient à temps, de vouloir tout donner et se donner soi même, que c'est un vrai bonheur d'être ouvert sur demain en vivant libre aujourd'hui: de construire le plus grand, alors qu'on est parti d'en bas.»

Un (autre) temps pour pleurer

... Les larmes de rage, contre moi, ma lâcheté, ma faiblesse si un jour j'ai trahi, j'ai craqué... 
«Cette fille, elle me cherchait, l'ambiance était dégueulasse, je n'ai même pas eu le cran de me tirer... elle s'est collée sur moi, je crois bien que c'est elle qui m'a embrassé - à moins que ce ne soit moi ? Je ne sais plus en tout cas je ne l'ai pas repoussée... alors que j'aurais pu, au contraire, j'en ai repris, j'ai consommé sa bouche, qu'elle avait trop belle... mais cette boite pourquoi y suis-je allé, rien ne m'y obligeait et avec eux en plus, je savais bien en acceptant que ce n'était pas pour moi, j'étais trop fragile, et en plus j'avais bu, et puis «basta, foutaise que le grand amour!», j'ai fait comme s'il n'existait pas : moi, oui, moi !.. qui me croyais très fort, me voici humilié, et triste, triste d'avoir tout gâché!
et maintenant je pense à elle, mon grand amour à venir, mon unique amour comme je voudrais lui demander pardon! Et toi aussi, toi qu'hier j'ai embrassée, ne devrais-je pas te demander pardon ? Toi que je n'ai pas su respecter, qui peut être au fond sans le savoir n'attend que ça, croiser un homme, un vrai, qui te révèle que toute femme est un trésor sacré, qui te respecte trop pour vouloir te toucher sans que ce soit pour t'aimer en grand,...
Alors pour moi aussi, après celle de la rage,... les larmes du regret, mais surtout du Pardon, de ce sacrement de réconciliation, demandé et reçu,... 
et je repartirai, relevé, restauré à mon tour dans la fidélité, lumineux à nouveau, avec l'humilité en plus, et je sais maintenant ce qui rend vraiment fort : et c'est de se connaître, de se savoir fragile, qui rend suffisamment prudent, savoir qu'il y a des choses, des lieux, des personnes , qui ne me font pas grandir, dont pour un moment et parfois pour tout le temps je dois m'écarter, que c'est à ça d'abord qu'il faut savoir dire non, et surtout reconnaître que le grand amour c'est parfois un combat, qu'on a besoin de Dieu, car c'est lui notre force, qu'il faut le prier chaque jour, ce que je ne faisais pas, plus, ou si peu, et se servir à fond de tous ces sacrements d'amour, et aussi m'appuyer sur l'Eglise, ses pasteurs, tous mes amis dans la foi ».

Un temps pour gémir

... parce qu'il est dur parfois et même très dur, de se garder, de contenir les désirs, le besoin d'affection, de n'être qu'un seul quand autour de soi tout le monde est à 2 ou fait semblant de l'être... oui Seigneur garde-moi, préserve-moi, montre-moi tes chemins... 
... parce qu'il peut arriver qu'on trouve le temps bien long, surtout quand le temps passe, ou qu'une fois, plusieurs fois même parfois, on a tâtonné, pas pu se décider, ou bien qu'on s'est trompé,...alors on peut douter, se décourager : où est-il donc celui ou celle que j'attends, existe t-il seulement?
Gémir... sans trop récriminer, mais gémir comme on prie, comme on s'épanche dans la prière, ou le cœur d'un ami
... et dire encore «Ta volonté soit faite », alors qu'en moi tout crie «surtout la mienne ! »
... vivre dans la confiance
... et surtout Vivre - pas s'étourdir- chercher en vivant plus, en aimant plus et plus profondément encore, aimer dans le présent, avec le Seigneur pour ami, parce que c'est d'abord ça la vocation de l'homme, d'aimer aujourd'hui, dans la docilité à son Esprit, quelque soit son état de vie.

Un temps pour se taire

... taire à l'autre ses sentiments même les plus violents, si ce n'est ni le temps ni l'âge de se fiancer, raisonnablement, manifestement, indéniablement...
... et même lorsque c'est l'âge et le temps, taire encore à l'autre pour quelque temps encore, suffisamment longtemps, ses sentiments naissants pour les laisser mûrir, grandir... ou au contraire s'atténuer, et même parfois mourir à temps, se taire assez longtemps pour n'user de ces mots, qu'en désirant se fiancer, un jour pouvoir annoncer «je t'aime» en pouvant ajouter, «je veux t'aimer toujours ».

Un temps pour parler

... dans quelques amitiés mixtes, parler, parfois en groupe mais aussi tranquillement, vraiment, profondément, entendre les aspirations essentielles, et se regarder, s'écouter, pas juste bavarder, pas juste s'amuser,... et communier parfois ensemble, dans l'amitié, à de vraies aventures communes - pas seulement des loisirs- en groupe de vrais amis, où le plus essentiel est aussi présent- et c'est bien Dieu lui-même pour un chrétien.
... Avant tout aveu, bien avant,... temps pour établir une amitié «privilégiée », qui s'investit plus fortement qu'avec tout(e) autre,... ce désir plus fort d'être ensemble, de se connaître, où l'on multiplie les occasions d'échanges, plus profonds, plus personnels encore, et de rencontres,... où un amour naissant peut s'épanouir , se chercher sans se dire, dans l'un ou l'autre cœur, ... dans l'un et l'autre cœur... «peut» s'épanouir, mais ne «doit» pas- pas nécessairement...temps de maturation et d'ouverture, ou l'on est libre, libre, libre…où «tout» est possible autant que «rien», parce que rien n'est engagé, parce que tout, absolument tout, encore garde la forme de l'amitié, gage de cette liberté, y compris celle d'interpréter les sentiments de l'autre, ou de ne rien interpréter… où l'amour peut prendre sa place, sans se forcer ni forcer l'autre, libre et ténu, qui rien ne prend ni ne touche, tout à la joie secrète de se retrouver, d'en multiplier les occasions,… et de laisser grandir cette forme d'intimité, sans geste, sans aveu… où seuls les cœurs amis cherchent à s'ajuster…jusqu'à ce jour peut-être, où l'un, l'autre, ou les deux se dévoilent… parce que l'amour déborde …que mon corps, mon cœur, mon intelligence, mon esprit, ma sagesse, ma prière : tout en moi témoigne… que je voudrais l'aimer toujours… 

Un (autre) temps pour parler

…L'aveu, enfin !… se jeter à l'eau, souvent en tremblant, car on sait tout ce qu'on engage, par la parole et le geste, le geste ou la parole …et tout geste est un aveu qui engage, amorce les fiançailles, et si c'est le geste qui vient en premier, la parole, vite, doit pouvoir le confirmer « Je t'aime, je veux t'aimer toujours, t'épouser, m'aimes tu, veux tu m'aimer toujours, m'épouser ? »…Un oui, un autre oui et l'on est « fiancés », c'est à dire décidés à se marier. 

Un (autre) temps pour se taire

…encore…aux autres ne rien montrer, et garder très secret, sauf à une poignée de vrai confidents - prêtre, ami très sûr, parents - un amour déclaré mais qui tâtonne encore, ou si le «oui» de l'un attend encore celui de l'autre, ce temps que l'on appelle alors « pré -fiançailles » pour rester libre, libre, libre 
... jusqu'au jour où l'on est vraiment décidé et qu'on peut annoncer…qu'on est fiancé. 

Un temps pour la Paix

...Pas celle du calme plat - difficile quand on a le cœur en ébullition !- 
mais la paix intérieure, celle qui entoure le discernement, que l'on cherche aussi dans la prière, qui témoigne que l'aveu est juste, que notre décision est la bonne quand on décide de se fiancer, 
la Paix qu'il faut rechercher si l'on vient à douter, et si elle ne revient pas, l'entendre comme un signal d'alarme. 

Un temps pour embrasser

… enfin !… et c' est le temps des fiançailles, pas avant, pour s' embrasser mais pas tellement plus, …garder la distance pour mieux se contempler, s'éprouver encore, cultiver le désir, encore et encore, et l'apprivoiser aussi sans s'y noyer trop tôt 
…fiançailles «sacrement de la distance», des fondations de l'amour passées au crible de l'abstinence, pour éviter la confusion d'une trop grande fusion, épreuve du feu, parfois le corps en feu…vite recalculer la distance !…où l'on prend une leçon en grand de la maîtrise de soi, pour demain mieux se donner plutôt que de se prendre, école de patience - encore !- et de simple tendresse : pierres précieuses des futurs rapports amoureux et de toute la vie à deux. 

Un (autre) temps pour s'abstenir d'embrassement

…Et de tout geste «public» qui révélerait notre secret d'amour à nos proches, camarades, amis …tant qu'on ne leur a pas annoncé… qu'on était fiancé c'est à dire décidé à nous marier! 

Un (autre) temps pour parler

...Parler encore, pendant les fiançailles, Non pas que des préparatifs du mariage (un peu quand même bien sûr!).Mais parler encore et encore, pour approfondir encore, et toujours plus profond, 
... et écouter aussi le premier invité aux noces : Dieu lui-même, et prier ensemble, et dans son Eglise, en prenant vraiment du temps avec Elle, retraite, lecture, et réconciliation et pas seulement bonjour au revoir monsieur le curé, tarif réglementaire, trois ptits tours et puis s'en vont...

Un temps pour bâtir

... et creuser plus profond encore ...les fondations du mariage pendant les fiançailles, tout partager, et développer ce goût de se parler passionnément, devenir comme de grands amis - bien inestimable pour toute la vie ! - confronter à fond toutes les options de fond, si ce n'est déjà fait et encore plus à fond si c'était déjà fait... échelle de valeur, foi, respect de la vie, famille, fécondité, 
...parfois se disputer, déjà se pardonner, école de l'amour
...et savoir qu'encore on est libre, au point même s'il le fallait, si douloureux - et si juste pourtant lorsque l'erreur fait jour - de tout arrêter, rompre les fiançailles on est fiancé, pas encore marié. 
Et si cela arrivait, c'est même par fidélité qu'il faudrait le faire. Fidélité à celui que finalement j'épouserai vraiment, si je me marie,...et c'est certain, je ne l'aurais pas «trahi(e) », je me serai trompé, ce qui d'aucune manière, n'est une trahison

Un temps pour aimer

…Corps et âme, enfin ! ... Dans le mariage seulement, parce que seul Dieu lui-même et pas nos corps tout seuls peuvent dire 1 + 1 = 1...
Et qu'alors sans aucun doute possible on est sûr, certain, entièrement confirmés, garanti -puisque du sceau du sacrement puis de nos corps donnés on est marqué- que l'autre est bien ma vocation et que je suis la sienne. 
…et prendre le temps encore d'apprendre à s'aimer, patiemment souvent- n'a t-on pas toute la vie ? - découvrir dans la tendresse, et la délicatesse, tous ces trésors d'intimités offerts, toujours plus chercher l'union des cœurs …en même 
temps que des corps… 

Un temps pour enfanter

… Désir incontournable du grand amour, fécond par vocation, enfanter : des petits d'homme avant toute chose bien sûr, mais tant d'autres choses aussi à féconder, par débordement d'amour, trop grand pour nous tout seuls, sur le monde, l'Eglise, les autres et les plus pauvres. 

Un temps pour aimer

…Et c'est tout le temps, sans retour en arrière, chaque jour choisir encore l'amour, pour ce jour et jusqu'au dernier souffle, fidèle envers et contre tout, le don au vent et le pardon en bataille, …Dieu avec nous, garant et agissant ! 
…pour s'aimer fidèlement, en s'appuyant aussi toujours sur Celui qui est l'Amour, s'abreuver ensemble à la Source de tous Ses sacrements d'amour…et aussi sur Marie- notre Mère bien aimée, reine du « Oui » : à elle s'accrocher, sous son manteau nous abriter .. sur notre amour la laisser déployer toute sa royauté ! 

Un temps pour mourir

Parce qu'il sera temps, qu'on aura aimé jusqu'au bout, qu'on aura tout donné, richesse et pauvreté, le corps fripé, le cœur pétri pendant toutes ces années de notre amour et de nos mains, fatiguées sans doute d'avoir tant bâti, dans le labeur aussi, 
assez maintenant pour nous laisser aller dans les bras du Seigneur, et découvrir face à face, combien, oui, Il nous avait espéré, désiré, l'un- l'autre, l'un et l'autre, l'un pour l'autre, avant même de nous bénir, et qu'à chaque instant, jamais, même dans les nuits les plus sombres, il ne nous aura lâchés …comme il l'avait promis !

Chemin pour un Grand Amour

Toutes ces étapes sont là comme des jalons, des points de référence objectifs qui permettent d'éclairer la route. 
Mais l'essentiel n'est pas dans la perfection avec laquelle nous parcourons le chemin, sur lequel il peut arriver que l'on hésite, que l'on se trompe ou que l'on tombe. 
Et il ne faudrait pas pervertir le « chemin vers le grand amour » en un chemin de scrupule de l'itinéraire parfait, ou une erreur serait perçue comme un échec définitif, par exemple un geste amoureux « inattendu » échangé dans un moment de faiblesse, de déroute, d'émotion mal maîtrisée ou de spontanéité mal ajustée qui serait pris comme une obligation de se fiancer sous peine de rater la trajectoire «nickel» : Non ! 
Le «trophée» de ce chemin exigeant c'est celui du grand amour, du projet de Dieu sur moi reçu comme un cadeau merveilleux et non pas l'esthétique et la linéarité d'un parcours aussi «parfait» qu'il ait été. 
C'est de pouvoir choisir et recevoir son mari, sa femme comme une vocation, comme on trouve la perle dans un champ. 
L'essentiel à conserver dans le cœur et l'intelligence c'est l'étoile, la ligne directrice et le gouvernail. 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Baiser_(Br%C3%A2ncu%C8%99i)
L'étoile c'est le projet d'amour de Dieu sur moi, une vocation à découvrir et à choisir, l'espérance et le désir de me préparer à un amour qui ne peut être que « grand ». (Quant il s'agit d'amour, Dieu ne sait voir qu'en grand) 
La ligne directrice c'est d'exclure l'option des « relations » amoureuses temporaires de toutes sortes, pour n'envisager l'amour amoureux d'une personne, à quelque degré que ce soit, que dans la perspective du mariage avec elle (Unique lieu « envisagé» par Dieu pour que s'épanouisse un grand amour entre un homme et une femme). 
Le gouvernail c'est de ne jamais «essayer» la personne- «l'amour ne tolère pas l'essai» : c'est donc de ne pas « s'installer » dans une relation où s'échangeraient des gestes et mots amoureux sans qu'on se soit explicitement choisi l'un l'autre en vu de se dire « oui » pour toute la vie, sans qu'on soit motivé par l'unique désir de se préparer activement ensemble au mariage. 
C'est enfin de garder la plus grande discrétion vis-à-vis des autres, de ne pas se comporter en couple devant eux tant qu'on ne leur a pas annoncé que nous sommes fiancés, c'est à dire décidés à nous marier. 
Gardons comme un trésor en nous ce désir du Grand Amour. Nourrissons cette certitude confiante que notre vocation, ce projet d'amour et de liberté que Dieu ajuste sur ce que nous sommes au plus profond de nous, est un chemin de bonheur. Gravons en nos cœurs cette loi d'amour qu'est la fidélité au futur conjoint qui implique la nécessité de perspective ferme, explicite et réciproque du mariage dans une relation 
amoureuse. Alors on trouvera le chemin « qui convient » sous le regard de Dieu, on traversera les tâtonnements sans scrupules sur la « perfection » de l'itinéraire. 

Paroles de Dieu, Paroles pour un Grand Amour

Mais avec tout mon passé, mes péchés, mes blessures, mes égarements dans l'amour, Dieu peut-il encore avoir un projet pour ma vie ?

"Je mettrai mes lois dans leur cœur et je les graverai dans leur pensées. 
Ni de leurs péchés, ni de leurs offenses, je ne me souviendrai plus"
Hébreux, 10,16-17 

"Car Dieu nous a sauvés, et il nous a donné une vocation sainte, 
non pas à cause de nos propres actes, 
mais à cause de son projet à lui et de sa grâce" 
2 Timothée I, 9 

Tâtonnant, inquiet, fragile sur le chemin de l'amour ?

Seigneur, enseigne moi tes voies, 
Fais moi connaître ta route.
Dirige moi par ta vérité, enseigne-moi,
Car tu es le Dieu qui me sauve 
Psaume 24 (25) 

Inquiet d'être seul alors que tant s'affichent déjà à 2, d'avoir à patienter pour pouvoir aimer vraiment?

Beaucoup nous demandent: Qui nous fera voir le bonheur?...
Tu mets dans mon cœur plus de joie que toutes leurs vendanges et leurs moissons [leurs « aventures » et leurs « conquêtes »] 
car Tu me donnes d'habiter Seigneur, seul, dans la confiance
Psaume 4 

Promesse d'un bonheur dès maintenant, pour aujourd'hui, dans ce temps de la jeunesse où l'on apprend à habiter « seul », en vrai célibataire, pour plus tard, être capable de construire un Grand Amour à deux.

Mon effort pour être fidèle dès aujourd'hui prépare-t-il vraiment demain ? 

En peu de choses tu as été fidèle, 
sur beaucoup je t'établirai
Mathieu 25,21







L'amour ne s'apprend pas, et pourtant il n'existe rien au monde 
qu'un jeune ait autant besoin d'apprendre ! [...] 
Si l'on aime vraiment l'amour humain, on ressent le besoin urgent 
de s'engager de toutes ses forces en faveur du « grand amour » 

Jean Paul II- « Entrez dans l'Espérance » 




N'ayez pas peur du Christ ! 
Il n'enlève rien et il donne tout !

Benoît XVI